Marseille on fire!

MARSEILLE, FRANCE

La Provence

Lundi 5 Novembre 2001

Spectacles CLASSIQUE

Eric Himy : un Ravel de feu

En instance d'enregistrement d'une intégrale de Ravel aux Etats-Unis (1), le pianiste américain Eric Himy est revenu aux Moments Musicaux de Notre-Dame, à l'invitation de Christiane Berlandini, pour un récital consacré précisément, à plusieurs oeuvres du compositeur français, avec quelques commentaires à l'appui selon l'habitude. Forme inchangée. Un incroyable tonus et un enthousiasme de jeu intact. Sa vision générale s'écarte de tout "impressionnisme". Un Ravel reflet de la passion même qu'il inspire à son interprète.

Le pianiste débusque les images, pétrit les sonorités, projette généreusement les couleurs. Bien que place soit faite , avec la même charge émotionelle, aux lenteurs graves, comme aux éclats cristallins des gerbes aiguës. Un piano magnifiquement dévorant, mais aux rênes rigoureusement tenues.

Les cinq pièces de "Miroirs", réunion presque exhaustive d'une esthétique et d'un jeu, depuis les papillonnants "Noctuelles" jusqu'à "La Vallèe des cloches", en passant par les "Oiseaux tristes", aux ailes néanmoins très bruissantes, une "Barque sur l'océan", à la houle dramatique, et plus célèbre encore "Alborada del gracioso" et ses staccatos, précédaient le saisissant triptyque de "Gaspard de la Nuit": la ruisselante "Ondine", la sinistre obsession de "Gibet", et le frénétique "Scarbo" à la démoniaque virtuosité de M. Himy. " ..Sa vision éblouissante s'égalait et même dépassait parfois les plus célèbres interprétations (Argerich, François...). "

Eaux plus calmes du "Menuet sur le nom d'Haydn", de "Pavane pour une Infante défunte", et de "Pièce en forme d'Habanera", bien utiles avant que "La Valse", dans un arrangement d'Eric Himy, du stade de tourbillon ne passe à celui de tornade. Vision explosive, d'extrême griserie, somptueusement convulsive. Donc irrésistible...M. Himy réussit à trouver toute l'ambiance de l'orchestre!

Après une telle demonstration et une telle mobilisation de ses moyens, Eric Himy aurait pu revendiquer le repos. Voire! Il accorda six bis : "Prélude" de Ravel, un "Nocturne" de Chopin, (pour l'anniversaire de son hôtesse), "Le Chat" (une composition d'Himy inspirée par Baudelaire), "Danse du feu" de De Falla, la scène des Champs Elysées de "L'Orphée" de Gluck, et "Summertime" de Gershwin/Wild.

Au prochain récital...

Georges Gallician

(1) Ivory Classics, distribué par Naxos


Marseille on fire!

MARSEILLE, FRANCE

La Provence

Monday, November 5, 2001

Spectacles CLASSIQUE

Eric Himy: a Ravel of Fire

Pending a recording of a collection of Ravel in the USA (1), the American pianist Eric Himy has returned to the “Moments Musicaux de Notre-Dame” at the invitation of Christiane Berlandini for a recital devoted to several works of the French composer. His form unchanged: an incredible vitality and an enthusiasm for impeccable playing. His general conception is far from any “impressionism”. A Ravel reflecting the very passion that inspires this interpreter.

This pianist elicits the images, molds the sounds, projects generously the colors. And he'll give its due, with the same emotional current, to a thoughtful low-pitched lento as to the crystalline brilliance of a shower of high notes. A magnificently devouring piano galloping through the notes, but with the reins held rigorously.

The five pieces of “Miroirs”, an almost comprehensive set of a kind of unique esthetic and play, from the fluttering “Noctuelles” to “La Valse des Cloches”, passing by “Oiseaux Tristes” with rustling wings nevertheless, and “Une Barque sur l’Ocean” with its dramatic swells of the sea, and then still the even more famous “Alborada del Gracioso” with its staccato rhythm, preceded the startling triptych “Gaspard de la Nuit”: with the streaming waters of “Ondine”, the grim obsession of “Gibet” and the frenzied “Scarbo” with the demoniac virtuosity of Mr. Himy. " ..his dazzling vision equaled and at times even surpassed some more famous interpretations (Argerich, François…). "

More quiet waters ahead then with “Menuet sur le nom d’Haydn”, “Pavane pour une Infante Defunte” and “Piece en forme d’Habanera”, quite a useful break before “La Valse”, in a transcription made by Eric Himy. It carries us away from a small whirlwind to that of a musical tornado. Sumptuously convulsive exploding visions of extreme exhilaration reeling into raptures of delight. Therefore irresistible…indeed Mr. Himy succeeded in recapturing all the atmosphere of a full orchestra!

After such a demonstration and summoning of his resources, Eric Himy could have laid claim to a rest. Indeed! He offered six encores: “Prelude” by Ravel, “Nocturne” by Chopin , “Le Chat”, (a composition by Himy inspired by a poem of Baudelaire), “Ritual Fire Dance” by de Falla, “ Melodie d’Orphée” by Gluck and “Summertime” by Gershwin/Wild.

To the next recital...

Georges Gallician

(1) Ivory Classics, distributed by Naxos